« Une transition énergétique heureuse » : entretien avec Emmanuel Ampaud, président de la FF3C

10 minutes

6 juillet 2026

Podcast: Interview with Emmanuel AMPAUD, President of FF3C

9 min de lecture · Publié le 06/07/2026 · Mis à jour le 06/07/2026

Article rédigé par Yann de la Roche Saint André, CEO de FOUR DATA. dans le cadre du podcast FOUR DATA.

Sommaire

Les prix des carburants repartent à la hausse, la fiscalité énergétique change de visage et le fioul domestique reste chauffé à blanc dans le débat public. Pour prendre de la hauteur, nous avons reçu Emmanuel Ampaud, président de la FF3C et dirigeant de Piretti Energies à Dijon.

Distributeur de terrain depuis vingt-cinq ans, il défend une conviction : la transition énergétique réussira par la neutralité technologique et le maintien d’une logistique de proximité, pas par les injonctions. Entretien avec un voisin bourguignon qui connaît nos métiers de l’intérieur.

Chiffre clé
La FF3C fédère environ 1 000 entreprises, souvent familiales, qui livrent fioul, carburants, GNR, granulés de bois et services de chauffage partout sur le territoire français.

L'épisode complet avec Emmanuel Ampaud, président de la FF3C — podcast FOUR DATA

Qu’est-ce que la FF3C ?

La FF3C (Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage) est le syndicat national des distributeurs d’énergies hors réseau. Elle regroupe environ 1 000 entreprises, souvent familiales, qui livrent fioul, carburants, GNR, granulés de bois et services de chauffage au consommateur final, partout sur le territoire français.

Contrairement à l’image des grandes compagnies pétrolières, les adhérents de la FF3C ne raffinent pas et n’explorent pas. Ce sont des grossistes et des entreprises de taille intermédiaire au contact direct du client :

  • transporteurs
  • travaux publics
  • administrations
  • agriculteurs
  • particuliers

« Nous sommes des entreprises destinées à fournir l’énergie des territoires », résume Emmanuel Ampaud. « Le territoire entier est maillé d’entreprises capables d’apporter quelques litres de carburant, de GNR ou de gasoil au consommateur final. » Ce maillage territorial, on le mesure chez FOUR DATA à chaque déploiement : nos capteurs équipent aussi bien des dépôts régionaux que des cuves isolées en zone rurale.

Du terrain à la présidence : le parcours d’Emmanuel Ampaud

Le parcours d’Emmanuel Ampaud commence loin de la Bourgogne. Après une école de commerce, il part en coopération en Argentine chez Total Austral, filiale de Total spécialisée dans l’exploration-production. Au retour, plutôt que les grands groupes parisiens, il choisit l’entreprise familiale à Dijon. « Je suis venu pour quelques mois, pour tester. Finalement, ça fait vingt-cinq ans que ça dure. »

En vingt-cinq ans, Piretti Energies a suivi les mutations du marché : du charbon au fioul, puis vers les carburants, les biocarburants et le bois-énergie. L’entreprise a renforcé l’entretien et l’installation de chauffage, avant d’acquérir Nord-Est Climatisation et Nord-Est Énergie à Dijon, spécialistes des pompes à chaleur. Une diversification représentative de ce que vivent la plupart des distributeurs français.

Entré au comité directeur de la FF3C il y a une vingtaine d’années, Emmanuel Ampaud y a occupé pratiquement tous les postes avant d’être élu président. « La FF3C m’a beaucoup apporté. Je me suis dit qu’il était temps d’essayer de lui rendre modestement quelque chose. »

Prix des carburants : défendre les clients sans sacrifier les distributeurs

Sur la flambée des prix, le président de la FF3C mène deux combats de front.

Le premier concerne les clients. Le syndicat participe aux réunions gouvernementales et sollicite des mesures d’accompagnement : les agriculteurs ont obtenu des aides substantielles à partir du mois de mai, tandis que les transporteurs restent, selon lui, insuffisamment soutenus.

Le second concerne les entreprises de distribution elles-mêmes. La hausse des cours tend les trésoreries et augmente mécaniquement le risque d’impayés. La FF3C demande de longue date la possibilité de récupérer les accises en cas d’impayé définitif — un dossier bloqué depuis des années, pour lequel la fenêtre de tir s’ouvre peut-être enfin.

Mythe vs. réalité
Mythe : les distributeurs « s’engraissent » sur la crise des prix.
Réalité : les études menées montrent l’inverse — les marges de distribution ont plutôt tendance à baisser quand les cours montent. Un constat que même Jean-Marc Jancovici a relayé, en rappelant la part de la fiscalité dans le prix à la pompe face à celle, marginale, de la distribution.

Cette tension sur les trésoreries a une conséquence directe pour les exploitants : chaque livraison inutile, chaque tournée sous-remplie coûte plus cher qu’avant. C’est précisément là que la donnée de niveau change l’équation.

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Biofioul F55, granulés, pompes à chaleur : la diversification assumée

Beaucoup de clients finaux souhaitent conserver leur chauffage au fioul, pour des raisons d’isolation, d’éloignement ou d’absence d’alternative technique viable. La réponse de la filière s’appelle le biofioul.

Le F30, qui contient 30 % d’esters de colza, alimente obligatoirement les chaudières neuves installées depuis le 1er juillet 2022. L’étape suivante est en cours : la labellisation du F55, un combustible majoritairement issu de la biomasse. « C’est le premier vecteur, vraiment très important », insiste Emmanuel Ampaud.

Quant à la pompe à chaleur, souvent perçue comme l’ennemie du fioul, le président de la FF3C assume une position pragmatique. « Si on laisse filer notre client vers des vendeurs de pompes à chaleur qui sont surtout des vendeurs de crédits d’impôt, on va faire des dégâts. »

Sa réponse : accompagner soi-même le client quand la PAC est pertinente, avec du matériel de qualité, une installation soignée et un SAV qui tient la route. Le distributeur devient multi-énergies — et son besoin de pilotage des stocks se multiplie d’autant.

« Si on connaît leur consommation et qu’on leur évite de tomber en panne, la boucle est bouclée »

La digitalisation s’impose au secteur, « comme l’IA va le faire, et beaucoup plus vite que ce qu’on imaginait ». Emmanuel Ampaud en décrit trois étages concrets, loin des discours abstraits.

L’informatique embarquée d’abord : elle a fait gagner les distributeurs en sécurité et en traçabilité des livraisons, avec des GPS de plus en plus efficaces pour les chauffeurs. Les ERP ensuite : les outils actuels permettent des requêtes fines et des alertes commerciales sur la fiche client. Le jaugeage connecté enfin — et c’est lui qui cite FOUR DATA en témoin : « Le jaugeage connecté, sur des cuves à fioul ou des stockages de granulés, nous permet d’anticiper et d’apporter un service complètement inouï à nos clients. »

« Pour être un bon commerçant, il faut bien connaître ses clients. Si en plus de bien les connaître, on connaît leur consommation et qu’on leur évite de tomber en panne, la boucle est bouclée. »

— Emmanuel Ampaud, président de la FF3C

Concrètement, c’est ce que fait une jauge fioul connectée FOUR DATA : le capteur relève le niveau de la cuve plusieurs fois par jour, la plateforme de supervision Desk calcule l’autonomie restante et le distributeur déclenche la livraison avant la panne sèche, au moment où elle optimise la tournée.

Terrain
Cuve du client
capteur — relevés pluriquotidiens
Cloud
Plateforme Desk
calcul de l’autonomie restante
Usage
Distributeur
livraison avant la panne sèche

La boucle du jaugeage connecté FOUR DATA — du niveau de cuve à la livraison au bon moment

Sur les quelque 80 000 capteurs que nous avons déployés en Europe, ce scénario se rejoue chaque hiver chez les distributeurs de fioul, de GNR et de granulés.

La feuille de route FF3C : neutralité technologique et logistique des territoires

Interrogé sur le cap des trois à cinq prochaines années, Emmanuel Ampaud répond sans hésiter : « une transition énergétique heureuse ». Comprendre : arrêter de présenter la transition comme une catastrophe annoncée et faire confiance au progrès technique, à condition de l’accompagner avec une neutralité technologique réelle.

Il en donne deux illustrations. L’automobile d’abord : le tout-électrique déçoit une partie des usages, quand le progrès des motorisations thermiques et l’arrivée des biocarburants permettent de décarboner des technologies existantes. L’habitat ensuite : plutôt que d’imposer un vecteur unique, travailler sur l’isolation et les matériaux, puisque ce qui compte au final, ce sont les kilowattheures consommés.

Son message aux pouvoirs publics tient en une phrase : « Les solutions techniques vues de Paris ne fonctionnent pas forcément dans tous les territoires. » Éleveurs, agriculteurs, habitants des zones rurales auront besoin de carburants, de biocarburants et de fioul pendant encore des décennies.

Attention
Sans mesures d’accompagnement, le maillage logistique minimal — dépôts primaires et secondaires, camions de livraison, stations-service rurales — disparaît. Et avec lui, l’énergie des territoires.

Ce que FOUR DATA retient de cet échange

Trois convictions ressortent de cet entretien, qui recoupent ce que nous observons sur le terrain.

D’abord, la donnée de consommation devient un actif commercial pour le distributeur : connaître le niveau des cuves de ses clients, c’est fidéliser et livrer au bon moment. Ensuite, la diversification (biofioul, granulés, PAC) multiplie les types de stockages à superviser — cuves fioul, silos à granulés, dépôts — et plaide pour une plateforme unique plutôt qu’un outil par énergie.

Nos solutions de supervision des cuves fioul et de suivi des cuves GNR répondent exactement à cette logique multi-fluides. Enfin, l’optimisation des tournées de livraison n’est plus un confort mais une condition de survie économique quand les marges de distribution se compriment.

FAQ

Emmanuel Ampaud préside la FF3C, le syndicat national des distributeurs d’énergies hors réseau. Il dirige également Piretti Energies, entreprise familiale de distribution d’énergies implantée à Dijon, qu’il a rejointe il y a vingt-cinq ans après un début de carrière chez Total Austral en Argentine.
Le biofioul F30 contient 30 % d’esters méthyliques de colza et alimente obligatoirement les chaudières neuves installées depuis le 1er juillet 2022. Le F55, en cours de labellisation, portera la part renouvelable à 55 % : le combustible devient majoritairement issu de la biomasse.
Une jauge connectée transmet le niveau de la cuve du client plusieurs fois par jour. Le distributeur anticipe les besoins, évite les pannes sèches, remplit ses camions et supprime les livraisons inutiles. Emmanuel Ampaud parle d’un « service complètement inouï » rendu au client final.
Non, pas à court terme. Des millions de logements, souvent en zone rurale, ne disposent pas d’alternative technique ou financière viable. La filière mise sur le biofioul (F30 puis F55) pour décarboner l’existant, tandis que les distributeurs se diversifient vers les granulés et les pompes à chaleur.

Pilotez votre parc de cuves comme Emmanuel Ampaud pilote sa filière

Distributeurs de fioul, de carburants ou de granulés : la boucle dont parle le président de la FF3C commence par une donnée fiable au fond de la cuve. Demandez une démo de la plateforme Desk et voyez comment 80 000 capteurs FOUR DATA aident déjà les énergéticiens européens à livrer au bon moment.

Démo
La plateforme Desk en conditions réelles
80 000 capteurs déployés en Europe · fioul, GNR, granulés, carburants

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Article rédigé par Yann de la Roche Saint André, CEO de FOUR DATA, dans le cadre du podcast FOUR DATA, avec Emmanuel Ampaud, président de la FF3C et dirigeant de Piretti Energies (Dijon).

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